29 novembre 2009
27 octobre 2009
L'informatique de mêche avec les sciences humaines
Mes véronisations donnent généralement un aperçu de l'utilisation possible d'outils informatiques en sciences humaines, et j'ai essayé d'en savoir plus sur les liens réels entre ces deux domaines en participant vendredi dernier à la journée OSIDMESH (Outils Statistiques et Informatiques pour Doctorants Montpelliérains En Sciences Humaines) organisée par le LIRMM et l'Association Contact. Le bilan en est plutôt positif : un intérêt est sensible de la part des doctorants en sciences humaines, même si tous ne le ressentent pas au même niveau (problèmes techniques liés à la rédaction de la thèse, maîtrise d'outils généraux de traitement des données ou bien prise en main de logiciels spécialisés). La rencontre a en tout cas permis de présenter quelques possibilités permises par des logiciels existants ou des projets en cours, et de se mettre en contact pour un travail en commun plus poussé.
Je conclus cette seconde présentation avec l'exemple de la carte interactive de Lisbonne par Pessoa pour illustrer une utilisation possible de l'API Google Maps (attention, pour la France, on pourra lui préférer l'API Geoportail qui a l'air drôlement chouette). C'est l'occasion de citer un autre projet que j'ai dérivé de celui de Lisbonne, le recensement de tous les lieux barcelonais cités dans l'oeuvre d'Eduardo Mendoza (aussi réalisé en préparation d'un charmant voyage). Pas de dialogue direct entre la carte et le texte intégral, cette fois (je laisse le facétieux Eduardo encaisser ses droits d'auteur), mais j'ai pu réutiliser directement mes petits scripts permettant de créer automatiquement une carte imprimable (avec numéros) à partir de données d'une carte personnalisée Google Maps.
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4 septembre 2009
Bilan du questionnaire fait-ou-pas
Un questionnaire circule depuis plus de deux ans sur la blogosphère française, il consiste à mettre en gras ce qu'on a fait dans sa vie, parmi une liste d'une centaine de propositions. Après l'analyse du mème de la F-list, voilà donc celle du mème "fait-ou-pas".
De nombreuses caractéristiques du mème F-list (dont évidemment celles qui compliquent la récupération et l'analyse des données) se sont retrouvées dans celui-là : origine américaine (j'en trouve une trace dès juin 2004), erreurs de transmission du mème (oubli de questions, modifications d'intitulés), changement des règles du jeu (ajout d'une question à la fin du questionnaire), diffusion communautaire (blogs de gastronomie, puis blogs de loisirs, un passage par les blogs cinéma et les blogs littéraires), transmission virale non arborée (questionnaire repris chez plusieurs sources), formats divers selon la plate-forme de blog. Et ce cas de blogueuse qui répond au questionnaire, puis à une version un peu modifiée l'année suivante...
Malgré ces obstacles, j'ai réussi à identifier une liste globalement conservée de 130 questions chez 163 blogueurs ou de commentateurs de blogs (en recherchant sur Google ou Blogsearch certaines questions du questionnaires). Parmi celles-ci, 127 avaient reçu une réponse de tous ces participants (les questions 50 et 55 ont été omises par certains participants, la 16 a été modifiée...). Ces données sont disponibles ici dans un beau tableau à double entrée de 0 et de 1 (1 si fait, 0 sinon, blogueurs en colonnes, questions en lignes... je vous laisse imaginer le nombre de films que j'ai vu cet été en parallèle de cette ingrate tâche d'acquisition manuelle de données).
Quel est l'intérêt de ces données ? Bah, pour commencer ça a bien une petite valeur de
Qu'est-ce qui obtient
Et là, vous vous dites que vous aimeriez bien savoir quels blogueurs ont fait les trucs les plus exceptionnels. Comment évaluer ça ? Le nombre d'actions réalisées comme le propose Nostaledonie en commentaire chez les Fenouillard ? Non, certaines sont visiblement plus extraordinaires que d'autres. Une idée est alors de considérer chaque pourcentage comme une probabilité p d'effectuer l'action. Il y a donc aussi probabilité 1-p de ne pas effectuer cette action. Et finalement, la probabilité d'effectuer une certaine liste de ces 130 actions est le produit des probabilités correspondantes pour chaque action. Bon, certes, en faisant une simple multiplication, je considère que ces probabilités sont indépendantes, ce qui est peu raisonnable (répondre oui à "élever des enfants" n'est pas indépendant de répondre oui à "changer la couche d'un bébé" par exemple). On supposera toutefois qu'elles le sont pour simplifier le calcul. Pour simplifier la lisibilité également, on prendra le log du résultat (c'est plus facile de lire "-10" que "0.0000000001", voir la troisième ligne de ce tableau). Voici donc la liste des 5 blogueurs (blogueuses ?) ayant la vie la plus extraordinaire, parmi ceux qui ont répondu :
- la famille Fenouillard (loin devant)
- Marie est dans son assiette ! (citée plus haut...)
- Tout Silo
- Poppyrose
- Leeloolène
Il reste une dernière visualisation à extraire de ces données, les lecteurs fidèles de ce blog se doutent bien que je n'allais pas garder une belle matrice de 0 et de 1 sous la main sans la transformer en arbre. Eh oui, tentons de rapprocher les questions qui ont obtenu des réponses similaires :
L'ACP donnait un résultat assez moche, alors que là quelques jolis sous-arbres apparaissent (la correspondance entre les étiquettes de l'arbre et les questions précises se trouve dans la 2° colonne de ce tableau). J'ai ajouté des couleurs pour améliorer la lisibilité : quand des feuilles sont proches et ont la même couleur, elles sont dans le même sous-arbre, et constituent donc un cluster de questions auxquelles les gens ont répondu de manière similaire. Quelques clusters pas très étonnants qui permettent de valider cette classification : {se marier, acheter une maison, élever des enfants} {avoir un piercing, un tatouage} {sauter à l'élastique, faire de l'escalade} {danser sans se soucier de qui regarde, danser avec un inconnu} {manger du kangourou, manger du requin} {marcher sur le Golden Gate, visiter Las Vegas} ou encore {porter un agneau, aider un animal à donner naissance, traire une vache}. Pour certains regroupements, on soupçonne une histoire cachée derrière : {faire un art martial, se casser un os, passer à la télé} {avoir un accident, maigrir fortement, dormir 30 heures, jeûner 5 jours}. Mais pour préciser tout ça, et surtout comprendre les étonnants {manger des sushis, faire une balade nocturne sur la plage} ou {vendre ses créations, utiliser une arme à feu}, je cherche à utiliser d'autres techniques de fouilles de données ou classification. Les règles d'association me paraissent prometteuses, notamment, et si j'arrive à en tirer quelque chose vous en aurez des nouvelles sur ce blog.
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11 mai 2009
Multinuage des programmes aux élections européennes
Le logiciel TagCloud Builder de construction de nuages de mots, présenté ici il y a déjà quelque temps, a bénéficié d'une mise à jour la semaine dernière : il permet désormais de représenter les mots de plusieurs textes au sein d'un seul nuage, en attribuant une couleur à chaque texte.
Cette idée m'a été proposée par Kirsten Talbot, qui termine son master en sciences sociales en Afrique du Sud, et voulait représenter ainsi ses données sur les stéréotypes communautaires dans l'Afrique du Sud post-apartheid. En attendant de pouvoir découvrir ses visualisations et ses résultats, voici un exemple d'utilisation de cette visualisation en multinuage de mots, sur les programmes (ou ce qui y ressemble le plus...) des quatre partis français en tête dans les sondages pour les européennes selon Ipsos :
Ah, tiens, IBM a un truc similaire dans ManyEyes, mais apparemment limité à deux textes.
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17 avril 2009
Cartographie au Figaro
Hier soir, le Figaro a "révélé" le "le palmarès 2008 des violences, sur la base des données officielles de l'Observatoire national de la délinquance (OND)", et choisit de l'illustrer avec la carte des atteintes volontaires à l'intégrité physique en titrant "La nouvelle carte de France de l'insécurité". Buzz assuré, une centaine de commentaires en quelques heures...
Elles se ressemblent, hein ? On peut le vérifier précisément en faisant un graphique du taux d'atteintes volontaires à l'intégrité physique en fonction du log de la densité :
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7 avril 2009
Candidats en 2012 : courbes Google et revue de presse
- mars 2008 : Christine Boutin, question
Boutin candidate en 2012 ? - 27 avril 2008 : Laurent Fabius, possibilité
Fabius n'exclut pas d'être candidat pour 2012. - 22 juin 2008 : Alain Juppé, possibilité
Présidentielle 2012 : Alain Juppé n'est "fermé à rien". - 12 octobre 2008 : Dominique de Villepin, possibilité
Sarkozy fait pression sur le parquet pour écarter De Villepin en 2012. - 25 novembre 2008 : Martine Aubry, contexte
« Être sur tous les terrains pour défendre les Français ». - 28 novembre 2008 : Jean-François Copé, possibilité
J.F. Copé : candidat en 2012 ? - 22 décembre 2008 : Martine Aubry, possibilité
Martine Aubry candidate en 2012 ?. - 14 janvier 2009 : Dominique Strauss-Kahn, question
2012: "un jour, on revient en France", dit Strauss-Kahn. - 26 janvier 2009 : Jacques Chirac, canular
Jacques Chirac pourrait se présenter en 2012 (voir aussi sur Le Post, Les Inrocks). - 7 février 2009, Olivier Besancenot, contexte
Naissance officielle du Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot. - 12 février 2009, François Hollande, possibilité
Confidentiel : François Hollande, candidat en 2012. - 14 février 2009 : Martine Aubry, possibilité
Face au "dilemne" Sarkozy ou Aubry en 2012, Le Pen pencherait pour Aubry. - 25 mars 2009, Dominique Strauss-Kahn, contexte
DSK, un petit tour à Paris (aussi sur Le Post). - 2 avril 2009, Dominique de Villepin, possibilité
Dominique de Villepin candidat en 2012? - 11 avril 2009, Alain Juppé, contexte
Juppé veut un ministère (conclusions sur Le Post et ici)
Et pour ceux qui s'intéressent déjà à 2017, quelques ambitions se dessinent, et les courbes commencent aussi à se construire...
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31 mars 2009
Traduction d'xkcd et loi de Pareto
Le projet de traduction d'xkcd, conçu en un week-end et lancé début décembre, a plutôt bien démarré : 2/3 des planches de Randall Munroe sont maintenant traduites en français ! C'est plus que les versions russe (299/562) et espagnole (150/562)... pour une raison simple : le projet est collaboratif ! (Bon, et on traduit en dessous, et pas sur les images, aussi, hein, il faut reconnaître que c'est plus rapide). Une trentaine de personnes a participé : quelques amis, et une majorité d'internautes que je ne connais pas (vous pouvez vous signaler en commentaire de ce post afin que j'ajoute un petit lien sous votre pseudo dans la liste des traducteurs ;)).
Voici quelques données sur l'avancement du projet, au cas où vous voudriez vous lancer dans une aventure similaire. Tout d'abord, la chronologie de l'avancement du projet. J'ai indiqué par une bande rouge une période d'indisponibilité de l'interface de traduction (du 21 février au 13 mars) qui avait échappé à mon attention, le reste du site étant fonctionnel. La forme de la courbe en escaliers correspond à l'arrivée de participants motivés, qui se lassent au bout d'un moment, ou ont fini de traduire tout ce qui les intéressait (ou pensent que le site est cassé, à partir du 21 février :s).Passons justement à la distribution des contributions. Pour la Wikipedia anglaise, Aaron Swartz nous apprenait en 2006 que 2% des contributeurs font presque 75% des modifications de l'encyclopédie. Pour la traduction d'xkcd, les pourcentages de participation des divers traducteurs se trouvent ici (quand plusieurs collaborateurs ont contribué à la traduction d'une planche, je leur attribue naturellement l'inverse du nombre de contributeurs et je divise finalement ces scores par le nombre total de planches en anglais pour obtenir les pourcentages). Notons que ces pourcentages ne prennent pas en compte la longueur des traductions réalisées (tout comme l'étude d'Aaron Swartz d'ailleurs), ce qui ne rend pas vraiment compte, par exemple, du travail de Kith sur la série à propos du Ministre de l'Internet. Toujours est-il que ces données font apparaître une loi classique : la loi de Pareto ! 20% des utilisateurs (les 6 plus gros collaborateurs) ont réalisé 80% des traductions. Ce soir, le nombre précis est même 79.62%, ce qui semblerait donc moins "élitiste" que la Wikipedia !
En fait, on voit même apparaître une distribution de Pareto (une loi de puissance qui vérifie la règle des 80-20), comme nous le montre la courbe log-log ci-contre.
On peut aussi avoir un aperçu des horaires et des jours de la semaine où les traducteurs montrent le plus d'activité (j'ai exclu les valeurs me concernant) : valeurs anormalement élevées le dimanche, à midi, et en pleine nuit, tout ça rappelle les habitudes de surf des étudiants.
Un petit aperçu de ces traductions, maintenant, avec le nuage arboré des mots apparaissant plus de 10 fois, ci-dessous. Je ne l'ai pas annoncé en grande pompe, j'attends une jolie interface web pour ça, mais ça y est (enfin), un outil pour créer des nuages arborés avec plein de paramètres personnalisés est disponible sur www.treecloud.fr (ou treecloud.org pour les anglophones). Attention, c'est un outil en ligne de commande, qui nécessite un détour par le manuel d'utilisation, en anglais. Mais ça en vaut la peine : le programme permet d'obtenir de jolis résultats, en particulier grâce à la coloration "chronologique" : les mots du nuage arboré ci-dessous apparaissent plutôt rouge s'ils se trouvaient dans les premières planches de xkcd, plutôt bleu s'ils sont beaucoup présents dans les planches récentes. On est en train, avec Jean, de tenter d'ajouter à ça des informations sur la dispersion des mots : plus de nouvelles quand ce sera prêt !Et si ce nuage arboré vous intrigue, allez jeter un oeil à ces traductions de xkcd, ou abonnez-vous au flux RSS pour recevoir les dernières traductions dès qu'elles sont validées ! A propos, petit aparté sur le spam : les robots n'ont pas tardé à trouver le site et envoyer des traductions bien peu fiables, incitant plutôt à l'achat de petites pilules bleues, mais le flux reste faible (un spam par jour en moyenne) et la procédure de modération manuelle permet d'éviter de les laisser passer.
Pour finir, un grand merci à tous les participants à la traduction ! Internet est de plus en plus collaboratif, alors si vous avez un peu de temps, profitez-en pour vous lancer dans quelques aventures. C'est l'occasion de faire un peu de pub pour les JeuxDeMots, et Pti Clic, qui, dans le genre de Google Image Labeler ou VideoTagName, sont en train de construire petit à petit un magnifique réseau sémantique, à faire pâlir Wordnet. Les données récoltées sont en plus mises à disposition en format brut, ou consultables par des interfaces web, qui peuvent déjà être utilisées pour retrouver, par association d'idées, ces mots qu'on a sur le bout de la langue. Le premier jeu permet d'aider le système à apprendre des relations sémantiques entre mots (synonyme, contenu/contenant, lieu d'une action, etc), et le second (dont on devient vite accro, même en jouant au touchpad...) de renforcer ou préciser ces relations. Le meilleur moyen pour comprendre le principe est de tester en mode invité, et le meilleur moyen pour comprendre l'utilité des données produites est de les utiliser dans des applications diverses... ce qui ne manquera pas d'être fait bientôt sur ce blog !
Comme toujours, les données liées à ce billet sont disponibles : dans ce fichier tableur Open Office. Et le nuage arboré à ouvrir avec SplitsTree pour pouvoir zoomer, etc. Il a été construit par SplitsTree et TreeCloud avec une stoplist française, et les options distance=hyperlex minnb=11 window=100 unit=1 color=chronology.
Episodes précédent et suivant.
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Philippe
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14 février 2009
Rétroingéniérie de la tarte "bouquet de roses"
Histoire d'embrouiller un peu plus l'algorithme de classification thématique de Wikio qui n'est toujours pas parvenu à affecter ces pages à la catégorie Science, un peu de gastronomie, aujourd'hui ! Cette fois-ci, ce ne sera pas pour affirmer que les crêpes, les gaufres, et les flan, c'est la même recette, mais pour appliquer le principe de la rétroingéniérie déjà illustré sur Google Trends à la fameuse Tarte aux pommes Bouquet de roses© d'Alain Passard.
Comme de nombreux lecteurs, j'avais salivé l'été dernier devant les photos de cette création sur un article du Monde de Jean-Claude Ribaute (dont le texte intégral est archivé ici). Et j'ai tenté, moi aussi, "avec une lame fine, de réaliser l'exploit à la maison".
Après quelques essais malheureux, j'arrive enfin à un résultat assez satisfaisant visuellement, dont je vais vous dévoiler le secret. A en juger par les commentaires sur l'originale, qui insistent sur l'aspect à la fois croustillant et moelleux des pommes elles-mêmes, la recette que j'ai reconstituée est encore loin de la vraie. Mais pour m'aider à l'améliorer, j'ai besoin de plus d'informations que celles données par les photos : n'hésitez pas à me financer une petite dégustation (à l'Arpège, ou à emporter) afin que j'approfondisse cela.Commençons par ce qui doit être évité pour un résultat acceptable :
- laisser la peau : les photos semblent montrer qu'elle y est encore, mais il me semble difficile de la garder en la rendant croustillante, même la recouvrir de sucre n'a pas aidé. De plus, ça complique la découpe des pommes pour la reconstitution des roses, même si la méthode de découpe détaillée plus bas permet de la conserver.
- récupérer des lamelles de la pomme en continuant à l'éplucher à l'économe une fois que la peau est enlevée : les lamelles récupérées sont trop fines et ne se tiennent pas.
- faire des roses trop petites ou trop espacées sur la tarte : si vous laissez refroidir la tarte, les roses ont tendance à sécher et se rabougrir un peu pour laisser apparaître la pâte dessous, comme on peut le voir sur l'image animée ci-contre.Bref, l'idéal est de récupérer des lamelles d'environ 2mm d'épaisseur. L'idée est que l'on peut reconstituer les "roses" même avec des lamelles d'une longueur réduite... correspondant à la longueur d'un quartier (la hauteur de la pomme, quoi...). La petite animation ci-contre illustre comment obtenir ces lamelles (le coup de main vient assez vite), et les enrouler progressivement. Idéalement, il faut faire ça à deux : un qui découpe les lamelles, l'autre qui les enroule et dispose les roses obtenues.
Enfin, on peut saupoudrer le tout de cannelle ou de dragées écrasées au mortier, ou encore de sucre-glace, éventuellement après cuisson. Encore une fois, il est préférable de servir et manger chaud.
Si vous souhaitez vous lancer dans des variantes plus colorées et originales, et peut-être aussi plus faciles à réaliser, quelques idées ont fleuri sur le net, avec des tartes bouquet de roses aux patates, aux courgettes violettes, aux courgettes vertes.
Pour finir, un petit sondage à propos de l'amertume des endives, puisque ce sujet sensible divise : j'étais jusqu'à il y a quelques semaines persuadé que l'endive crue, qui n'a aucun goût, n'était pas du tout amère, contrairement à l'endive cuite. Quelques personnes tout à fait respectables défendent vigoureusement la thèse opposée, ce qui m'a d'ailleurs amené à nuancer ma position et admettre que la base de l'endive crue a bien un peu d'amertume. Internet aussi est partagé :
- des partisans de l'amertume de l'endive crue : "cru franchement j'arrive pas, c trop amer!", "les endives cuites sont moins amères", "L'endive cuite ou braisée sera moins amère qu'une endive crue", "Je les trouve moins amères cuites", "Je n'en ai jamais goûté cuites... j'espère qu'elles sont ainsi moins amères que crues, ..." ;
- des partisans de l'amertume de l'endive cuite : "Endive crues (moins amere que cuite)", "c’est seulement l'endive verte qui est plus amère cuite que crue.", "je les adore crues, mais cuites, beurk, j'y arrive vraiment pas.".
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16 janvier 2009
Les poires à gauche
En lisant cette liste d'URL ambiguës en anglais, j'avais rêvé d'en trouver en français en compilant toutes les combinaisons possibles de mots coquins ou rigolos en français avec d'autres mots du dictionnaire, et en vérifiant s'il était possible de segmenter autrement chaque suite de lettres ainsi obtenues.Eh bien le PS a fait presque aussi bien avec lespoiragauche.fr, comme ça a été également noté en commentaires ici et là. Maladresse ou stratégie marketing pour créer un buzz et faire retenir l'adresse ?
Si c'est la deuxième solution, je vais m'empresser de créer un site de photos de nos parlementaires sur www.photosdeputes.fr.
Mise à jour d'avril 2010 : des étudiants en L3 de l'Université Montpellier 2 sont sur le coup pour le logiciel de création d'URL ambiguës, plus de détails sur ici !
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Philippe
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13 décembre 2008
Xkcd en français
xkcd est une mine d'illustrations pour les enseignants en informatique, et j'ai décidé cette année d'illustrer chaque séance des TP de système/réseau que j'assure en L2 avec un dessin traduit pour l'occasion.
Les difficultés sont multiples : choisir le dessin tout d'abord. Car parmi les quelques centaines de l'auteur, Randall Munroe, il faut en trouver qui ont un rapport plus ou moins direct avec la séance du jour, et je remercie Arnaud de m'avoir fait profiter de sa mémoire et de sa connaissance pointue de xkcd pour m'éviter d'être bloqué sur la fin.
Autre problème, la traduction. Ces courtes vignettes faisant appel à un vocabulaire spécialisé sont assez difficiles à traduire en restant aussi concis. Quand il faut en plus gérer des problèmes de culture geek dont l'équivalent français n'existe pas, ça devient mission impossible. Quant au texte alternatif, c'est souvent difficile même d'y comprendre la blague.
Encore un obstacle, la réalisation. Retrouver une police de caractères qui ressemble à l'écriture - en majuscules - de Randall Munroe n'est pas évident. On trouve quelques essais ici ou là. La police International Playboy, qui contient même la plupart des majuscules accentuées, donne un résultat convenable.
Enfin, dernier problème : la publication et les droits d'auteurs. Eh bien ce n'en est pas un, puisque xkcd est publié sous licence Creative Commons autorisant justement les modifications !
Alors, qu'attendent tous les geeks de France pour lancer une vraie interface collaborative de traduction d'xkcd ?
Il y a eu quelques essais, mais la plupart n'ont pas survécu à quelques dizaines de dessins. Le total, recensé ci-dessous, permet tout de même d'arriver à 11% de la BD. Mais attention, la qualité de traduction n'est pas toujours au rendez-vous :
21 45 77 86 86' 123 129 132 148 156 163 169 171 185 191 195 198 202 208 208' 218 221 224 227 231 232 233 242 244 247 275 275' 287 290 302 302' 303 307 323 327 327' 329 341 342 343 344 345 349 350 353 374 377 378 378' 385 385' 386 397 399 400 405 411 411' 414 425 425' 426 427 428 429 432 433 434 435 436 441 444 445 447 448 451 453 456 456' 469 479 488 488' 530
Si l'on veut lancer une traduction massive, l'idée serait de permettre une collaboration. Difficile si l'on travaille directement sur les images. J'ai donc préparé une interface de traduction d'xkcd en français qui fonctionne seulement en ajoutant le texte sous l'image. Ceux qui le voudront pourront ensuite créer les images, en y insérant ces textes. Pour arriver à une bonne qualité, je propose le système suivant :
- n'importe qui peut envoyer une traduction
- des modérateurs (moi pour l'instant, mais si je peux vous faire confiance, j'accepterai certainement de vous ajouter à la liste) se chargent de la valider pour qu'elle apparaisse sur le site, et de choisir la meilleure (et donc bye bye les robots spammeurs !).
Alors bien sûr, vous allez me dire que la traduction des xkcd est un peu inutile, vu que la connaissance de l'anglais fait partie de la culture geek. Ce n'est pas complètement faux. Un sondage a été organisé cette année pour évaluer la familiarité avec l'outil informatique de tous les entrants en licence de la Faculté des Sciences de l'Université Montpellier 2, dans le cadre d'une UE préparant à l'examen du C2I (Certificat Informatique et Internet). Un millier d'étudiants a répondu, et voici les résultats des deux questions suivantes :
- vous n'y comprenez rien
- vous y déchiffrez quelques mots
- vous pourriez la comprendre en cherchant le sens de quelques expressions
- vous la lisez en comprenant la plupart des phrases
- que vous aurez du mal, qu'il y aura beaucoup (trop ?) de choses à découvrir,
- que ça ira en suivant les TP, et en les travaillant en plus chez vous,
- que suivre les TP vous suffira pour apprendre des choses et les retenir,
- que vous connaissez déjà une bonne partie des choses enseignées en TP, mais que vous en découvrez quelques unes,
- que suivre les TP est pour vous complètement inutile, vous savez déjà tout ou presque.
Comme vous pouvez le constater, la maîtrise de l'anglais augmente en même temps que la maîtrise de l'outil informatique. Alors peut-être que les fous d'ordinateurs continueront à se précipiter sur la version originale de la BD, et que la traduction leur servira seulement en cas de problème. Peut-être qu'ils profiteront de leur maîtrise de la langue pour faire profiter d'xkcd aux allergiques à l'informatique pour lesquels quelques planches sont tout à fait accessibles.
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8 décembre 2008
Les sections d'un article scientifique (1/2)
J'utilise fréquemment le nombre de réponses Google : le plus souvent pour l'orthographe, mais aussi pour diverses expérimentations en soumettant un nombre massif de requêtes, comme dans mon billet précédent (ou tous ceux tagués par mon utilitaire qui permet de le faire, FuryPopularity). Même s'ils ne sont pas toujours fiables - j'y reviendrai au prochain billet de la série - ils sont le plus souvent assez parlants, comme peuvent l'illustrer ces dessins de XKCD.
Aujourd'hui, ils vont nous servir à visualiser le découpage traditionnel d'un article scientifique en sections. Le point clé est que l'on y annonce généralement son plan en introduction, en utilisant, de façon parfois un peu pesante, la formulation "In Section [X], we [VERB]", comme dans ce fameux article qui promettait : "In Section 7, we discuss how to draw a rooted split network" (comment ça j'ai pas le droit de faire ma pub sur mon blog ?).
Alors que fait-on quand on a une liste d'un peu plus de 3000 verbes anglais depuis cette expérience, et un Fury Popularity fonctionnel ? Eh bien on profite de ses nuits pour envoyer tout ça automatiquement à Google, en faisant varier le numéro de section X de 1 à 10... Par manque de temps, je repousse au prochain billet sur le sujet mes arguments sur le fait que ça a du sens, bien que tous les articles n'utilisent pas cette formulation en introduction, et je passe directement à la méthodologie. Tout d'abord, récupération des nombres Google :
- pour 3656 verbes anglais (cette liste de verbes était donnée à la fin de ce billet) pour X variant de 1 à 3.
- pour "seulement" les 940 verbes qui ont eu des résultats à cette étape précédente, pour X variant de 4 à 10.
- en colonne tout d'abord, divisées par le nombre total de résultats à X fixé, ce qui fournit pour chaque verbe un pourcentage d'apparition,
- en ligne ensuite : pour chaque verbe, soustraction de la moyenne de ses pourcentages d'apparition, puis division par l'écart type.
Héhé, surpris, hein ? Pas de diagramme, pas d'arbre, pas du nuage ! Eh oui, après un module de biostats qui m'a initié à R, et avant de plonger dans les subtilités de l'utilisation de l'analyse factorielle en lexicométrie, cet essai de visualisation de données par analyse en composantes principales donne un résultat tout à fait convenable. Il permet en effet de représenter les données en deux dimensions, au lieu des 6 initiales (1 par section), de la meilleure façon possible.
Le code R (le logiciel est téléchargeable gratuitement ici) est le suivant :
donneesSections <- read.csv ("http://philippe.gambette.free.fr/Blog/200812Publis/ResultsR.csv", dec=",", sep=";",row.names=1)
mesures<-donneesSections[, c("Section1","Section2","Section3","Section4","Section5","Section6")]
acp<-princomp(mesures)
biplot(acp,cex=0.5)
acp<-princomp(mesures,cor=TRUE)
biplot(acp,cex=0.5)
Alors n'étant encore pas très familier avec la technique, j'ai quelques questions théoriques et pratiques, que j'espère bien résoudre bientôt (avec l'aide de mes lecteurs ?) :
- quelles sont les différences, fondamentales et pratiques, entre l'ACP qui fonctionne sur la matrice de corrélation (qui correspond à l'option cor=TRUE) et la matrice de covariance ?
- existe-t-il des options dans R pour choisir les dimensions du dessin ?
- existe-t-il des logiciels ou applications web qui fournissent les résultats d'une ACP dans un format plus pratique, permettant de choisir la taille des étiquettes, ou bien de visualiser deux étiquettes superposées
- les sections 5 et 6, et surtout 1 et 2 semblent avoir des rôles très proches. Ceci peut s'expliquer pour 1 et 2 par le fait que le plan peut se trouver soit dans le résumé, hors section, soit dans la section 1 : ainsi, la partie introductive, à laquelle les verbes begin, introduce, start, recall, formulate sont associés, se trouve en section 1 ou 2, tout comme la partie d'état de l'art : review, survey, collect.
- Pour les sections 5 et 6, c'est la longueur variable des articles qui fait que les verbes indiquant la validation finale avec compare, evaluate, perform, explore, ou le bilan, summarize, conclude, ont des profils différenciant peu les sections 5 et 6.
- Les sections 3 et 4 sont visiblement dédiées aux gros morceaux : assume, investigate, describe, construct, calculate, determine, demonstrate ; discuss, analyze et extend, apparaissent alors qu'on se rapproche des sections finales.
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Philippe
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23 novembre 2008
Bruits d'Aubry sur Google
Depuis juillet, je prends régulièrement la température Google des présidentiables pour 2012 en recherchant l'expression "X en 2012" ou "X candidat(e) en 2012" pour divers X. Les chiffres obtenus ne sont pas toujours très parlants si l'on regarde précisément pour chacun, mais sont globalement pertinents pour visualiser le bruit du web autour des candidatures potentielles. Depuis juillet, pas trop d'évolution pour les candidats de gauche (justement, le reflet qu'aucun champion n'est sorti du lot ?), mais ça s'est réveillé avant-hier pour Martine Aubry :
A droite, rien de nouveau (Chirac ou Villepin ont eu des bonds qui viennent d'erreurs d'évaluation du nombre de résultats par Google). En revanche pour 2017, malgré les petits chiffres, c'est plus intéressant, avec un trio de tête Copé, Sarkozy, Dati :
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Philippe
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18 novembre 2008
Claviers espions : usure et fréquence de lettres
Dur dur de poster après une période silencieuse sur son blog... Reprendre un billet vaguement réveillé par un autre d'un blog influent ? Ficeler un rapport peu concluant sur l'influence de la plateforme sur le classement d'un blog ? Non, il faut un nouveau résultat fort, mêlant une idée théoriquement ingénieuse et calculable en pratique, un vrai projet de longue haleine qui montre qu'on n'a pas chômé...
Tout est parti de deux touches de clavier défaillantes. Delphine, déjà à l'origine de quelques posts sur ce blog, notait que les deux touches qui s'étaient détachées de son clavier faisaient partie du mot-clé principal de sa thèse. Il n'en fallait pas plus pour me faire envisager une forte corrélation entre l'usure des touches et leur fréquence d'utilisation (aussi remarquée ici par exemple), et rechercher les moyens de mesurer tout ça... et d'en déduire des choses.
Par chance, mon clavier Dell reflète assez bien son utilisation (ceux de certains Mac aussi apparemment, voire les claviers NMB Technologies), au bout d'un an. Mon "S" est par exemple presque complètement effacé. Mais surtout, si on regarde de plus près, les touches fréquemment utilisées sont vraiment usées, le plastique y est plus lisse, et elles réfléchissent beaucoup mieux la lumière. Je ne sais pas ce que ce polissage implique sur l'absorption de matières toxiques du bout des doigts, mais en tout cas il permet de faire des mesures : en éclairant le clavier par dessus et en prenant la photo de travers, les zones très réfléchissantes apparaissent plus sombres que le reste. Il faut alors quantifier l'usure à partir de la photo. Si l'on veut des résultats très précis, on peut s'amuser à faire du traitement d'image et mesurer l'intensité sur les portions de photo qui correspondent aux touches. Ca demande un gros travail, surtout de normalisation de l'image... alors qu'on peut procéder plus simplement : construire un quadrillage 5x5, le coller sur chaque touche, et compter les carreaux, parmi ces 25, qui sont sombres. En fait, pour les premières lettres, on compte les carreaux pour préparer quelques étalons, après, on compare avec les lettres dont l'usure a déjà été évaluée.
Une fois ces quantités d'usure obtenues, on peut les comparer avec les fréquences de lettres en français. Pour cela, on me l'a confirmé dans mon cours de biostats cette année, rien ne vaut un joli diagramme XY :
La corrélation est nette (coefficient 0,89), toutefois la relation entre les deux variables semble n'être pas exactement linéaire. Essayons d'élever l'usure au carré, ça semble mieux fonctionner (coefficient de corrélation 0,92), même si ce n'est pas parfait :
Qu'est-ce qui pourrait expliquer ces variations par rapport à la distribution moyenne des lettres en français ? Les gros joueurs de jeux vidéos ont apparemment leurs touches fétiches, je pense que ma forte usure de C et V vient de mon abus de raccourcis pour le copier coller, pour W c'est sûrement les adresses web. De plus, j'utilise mon ordinateur pour écrire à la fois en français et en anglais. Tiens tiens, et si j'utilisais l'usure des touches pour évaluer à quelle fréquence je tape en anglais ou en français ?
L'idée est donc que la distribution de l'usure n'est pas semblable à celle du français, mais à une combinaison linéaire de celle du français et de l'anglais. J'appelle U(l) ma fréquence d'utilisation de la lettre l, F(l) (respectivement A(l)) sa fréquence d'utilisation en français (resp. en anglais), et j'appelle x le ratio de ce que je tape en français par rapport à tout ce que j'écris avec mon ordinateur. U est donc une loi mélange de F et A : U(l) = x F(l) + (1-x) A(l). J'essaie de trouver x en connaissant une approximation de U, de F et de A pour toute lettre. Pour cela, je vais calculer le membre de droite pour toutes les valeurs de x entre 0 et 1, et évaluer la corrélation avec U. Tout peut se faire avec un tableur, ça se passe ici.
J'en profite pour une petite digression sur le coefficient de corrélation de Pearson, implémenté par COEFFICIENT.CORRELATION dans tout tableur digne de ce nom, que j'avais utilisé dans certains posts précédents sans comprendre sa formule magique. En fait, la formule est tout à fait naturelle une fois qu'on a compris que pour normaliser des distributions, classiquement, on divise les valeurs par l'écart type, avant de soustraire la moyenne (merci encore au cours de biostats, décidément ces modules doctoraux ont du bon quand on les choisit soi-même...).
Bref, passons aux résultats. J'utilise trois distributions de fréquences de lettres en français trouvées sur internet pour F, deux pour l'anglais et la distribution A. A chaque fois je calcule la valeur optimale de x. Je termine par une moyenne de ces valeurs de x : 0.81 (avec selon la distribution une variation inférieure à 10%). Bref, environ 1/5 de ce que je tape est en anglais.
A quel point la méthode présentée ici est fiable ? D'une part, il est connu que les fréquences de lettres varient selon le corpus utilisé. D'autre part, le coefficient de corrélation que je tente de maximiser afin de trouver le ratio x est peut-être trop sensible à de petites variations sur les fréquences de lettres. Pour tester ça, j'ai collé un bout de texte anglais à un bout de texte français (en connaissant le ratio x, donc) et j'ai essayé de le retrouver par la méthode de maximisation du coefficient de corrélation. Pour une étude plus sérieuse, j'aurais peut-être essayé un corpus de textes variés, là au vu des résultats je me suis contenté de mon premier essai.J'ai utilisé cet outil en ligne de calcul de fréquence de lettres, qui fournit des pourcentages de fréquences arrondis à l'entier près (pas très précis, donc, à peu près autant que mes mesures sur le clavier). J'ai copié le premier article du Monde que j'ai eu sous les yeux dans mon flux RSS, concaténé au texte de la page d'accueil de l'outil, en anglais donc (remarquez que ces deux textes sont très courts). Puis appliqué la méthode, avec les deux distributions de fréquences pour l'anglais et les trois pour le français. En faisant la moyenne des coefficients trouvés, j'obtiens 0,79 alors que la valeur réelle était 0,81 (8327 octets pour le texte français, 1904 pour l'anglais), soit à peine 3% d'erreur (et pour chaque couple de distributions de fréquences anglais/français, moins de 10% d'erreur).
Bref, je suis assez confiant pour placer une marge d'erreur de 10%, et affirmer qu'il est possible de deviner par cette technique la langue d'un utilisateur d'ordinateur Dell qui use raisonnablement son clavier. Pas mal sans utiliser de vrai clavier espion !
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Philippe
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